S’il est bien une question dont l’évidence s’impose à tout un daron, c’est bien celle-ci.
Car oui, jeune pubère, dont la seule effluve d’une chèvre te pousse au vice, oui, homme mûr qui erre sans but sur le triste sentier défraîchi d’une carrière dans l’impasse, ignorant jusqu’à l’existence même de la Voie du Daron (la « Darondô »), le véritable Daron aime les contrées lointaines et les contrées lointaines le lui rendent bien, même si parfois, un peu d’argent est nécessaire, car comme Peter North le dit si bien, l’exotisme n’est pas à la portée de toutes les bourses. Hum.
Il faut en toute circonstance penser avant tout international. Rappelez-vous ce précédent billet sur la daronification de votre plan de carrière.
Le présent billet vous apprendra à vouer à l’exotisme toute l’attention nécessaire pour jouir en retour de ses charmes sans (trop de) deniers débourser. Mais il est des distinctions qu’il nous faut en premier lieu considérer car il y a effectivement exotisme et exotisme. Pour certains pays d’Afrique ou d’Asie, il sera malheureusement synonyme de maladies vénériennes. A ce stade, on ne parle plus d’exotisme mais d’un truc absolument dégueulasse indigne de tout homme du monde civilisé. Vous ne pouvez vous permettre d’afficher une fois rentré au pays les stigmates d’une petite vérole ou d’un herpès génital, le fugitif plaisir que vous en ayez retiré sur le moment ne justifiant en aucune façon la disgrâce en résultant. Il convient de dignité conserver, même si, je vous l’accorde, la petite Savanna rencontrée sur la plage de Bali valait ses 500 balles.
Si au fond d’une culotte exotique, vous sentez la noisette, mélangée à une très forte odeur de poisson séché, arrêtez vous immédiatement, lavez vous les mains, ou toute autre partie du corps entrée en contact avec l’autochtone, enduisez la d’une solution hydro-alcoolique et demandez un remboursement intégral et immédiat. Il s’agit effectivement d’une cause de rupture de contrat.
Pour d’autres pays au contraire, il vous sera possible à coup de ruse et de renarderie de parvenir à vos fins sans périls. A vaincre sans périls, on triomphe sans gloire, me direz vous. Je préfère ça que la syphilis, vous répondrai-je.
Le Japon, pays des cerisiers et des petits vagins en fleurs, sera pour vous le terrain de jeux idéal. Le tempérament local est doux, amical envers les étrangers, et il n’est pas rare d’entendre le bruit des uniformes d’écolières tomber à terre lorsque vous prononcerez d’une voix à la fois ferme et sensible : « je suis français ». Car, oui, votre culture vous précède, et bien que nous n’ayons jamais eu le plaisir d’envahir le Japon, les japonaises ont eu vent de notre special touch, que d’aucuns appellent « la classe à la française » et dont le présent article se veut un modeste témoignage.
Pour cela, trois choses sont à savoir : où rencontrer l’exotisme ? Comme dans nos pays, les boîtes de nuit sont des lieux de séduction privilégiés. En France, en dessous d’un certain seuil d’alcoolémie, certaines demoiselles prétendront toujours par minauderie passer une soirée « entre copines ». Vous avez sans doute constaté que cette affirmation change radicalement après deux shots de Tequila. Au Japon, au contraire, les boîtes de nuit sont exclusivement fréquentées par des demoiselles en quête du grand frisson avec un étranger. Voilà votre chance. On est loin de la Thaïlande et de sa culture du « tout payant ». Deuxième élément, les japonaises ne savent pas parler anglais, ni aucun autre langage, si ce n’est celui de l’amour après trois gorgées de panaché, il vous faut donc savoir au moins indiquer vos origines. Pour cela, simplissime : « furanzu kara ». Vous déclencherez immédiatement une volée d’exclamations admiratives et de caresses aussi amicales qu’excitantes. Pour ensuite indiquer vos intentions, vous pouvez toujours essayer d’y aller à la hussarde, prenez toutefois garde à être seul avec la nippone visée, ces dames du pays du Soleil levant n’étant pas très démonstratives en public, mais de vraies tigresses en privé. Vous pouvez aussi lui glisser à l’oreille un délicieux et subtil « I want to fuck you », qui a priori sera compris et apprécié internationalement. Il ne reste qu’à ramener votre exotique conquête dans un lieu plus apte aux échanges interculturels et hormis le prix du Love Hotel, vous n’aurez en principe rien payé en plus. D’anciennes légendes parlent de français ayant même réussi à se faire payer l’hôtel par la demoiselle, démontrant ainsi que la classe à la française n’a pas de limite…
Pour ce qui est du reste de l’Asie, méfiez vous en revanche de la Thaïlande et de la Chine, l’exotisme n’étant dans ces pays qu’une méprisable notion marchande, tandis que vous et moi savons que jouir de l’Asie et de ses charmes n’a pas de prix.

Un article tout bonnement : MA-GI-QUE !
La classe à la française a encore de beaux jours devant elle