Les astronautes buvaient du Tang, et donc les gens faisaient pareil, même si le Tang c’est dégueulasse. Évidement, je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, il va donc me falloir vous expliquer le changement de mentalité qu’il y a eu.
De nos jours, tout le monde est contre le “chimique”, c’est devenu aussi consensuel que de dire du mal de Bush ou de la proche hégémonie chinoise. Par “chimique” il faut en gros comprendre “des produits qui auraient été trop traités/modifiés par l’homme”. Le problème est évidement ce “trop”, qui est très flou : un engrais naturel (genre purin) c’est ok, mais pas de l’engrais industriel ? Même si l’engrais naturel est moins bon pour l’environnement ? Les semences peuvent être choisies mais pas modifiées ? Tout cela ressemble fortement à de la branlette d’écolo.
La chimie a permis des choses magnifiques, entre autres :
- Le shampoing qui ne pique pas les yeux
- L’aspirine (bah oui, vous pouvez manger des feuilles de saule, c’est pareil, sauf que c’est toxique pour votre foie…)
- Les sex-toys hypoallergéniques (parce que la verge en cuir tendu sur un pieu, c’était moyen au niveau sanitaire)
- Le tang
Il y a quelques dizaines d’années, on mettait du chimique partout, pour le ravissement de tous. Nous avons des savons à l’extrait de pamplemoussier sauvage de Norvège, nos parents avaient des produits renforcés en iodure de truc ou en sulfate de machin. Mais tout a changé durant les années 90.
Un des facteurs prédominants a été les différents scandales comme celui de la viande aux hormones, ou les morsures d’araignée radioactive qui transformaient les gens en justiciers en collants. L’autre facteur principal a été une certaine ghettoïsation du métier de chimiste. En effet, durant les années 60 et 70, les chimistes roulaient en coupé sport, faisaient du surf et appelait tout le monde “maaaan” d’un air inspiré. Nous sommes bien loin de l’image actuelle, qui est – rappelons-le – celle du petit homme fourbe, en blouse blanche, perdant ses cheveux et ses dents, qui travaille dans les bunkers des multinationales pour fabriquer des nouveaux moyens de dominer le monde !
Tout ce blabla, ça m’a donné envie de boire un cacolac moi!