
Vouloir se soustraire à un traquenard social vicieusement tendu par un de tes potes ou à une activité rébarbative telle que la taxidermie en milieu aquatique est une situation à laquelle tu t’es souvent retrouvé confronté. T’inquiètes, on est tous passés par là.
Seulement, après avoir fait mourir tes grands parents/oncles/E.T., ton chat et ton Furby une dizaine de fois chacun, avoir eu mal au ventre/tête/utérus artificiel et avoir assisté à une « importante conférence de debrief-managing » huit fois sur l’heure où Cécile et Jean Michel, les « Shirley et Dino du service compta » voulaient déjeuner avec toi, tu as à la fois perdu toute crédibilité et toute autre possibilité d’esquive. Bravo.
Heureusement pour toi, chaque situation a son esquive de Daron. Histoire de ménager tes neurones essoufflés à apprendre les capitales des pays d’Asie centrale pour arrêter de te faire griller le joint (Ouzbekistan : Tachkent), on ne va s’intéresser cette fois qu’au cas de figure suivant : les conséquences de la flemme.
1 / Un Daron ne dit pas « Ohmerdejlaipasfait »
Aujourd’hui, tout le monde connait l’Actor Studio; et il parait que même Beyonce est une actrice -affirmation pourtant à peu près équivalente à “le créationnisme est une science”-. Alors ton prof de philo/patron à qui t’as pas rendu ton dernier DM/rapport pour cause de “décès d’un proche “, le tout accompagne d’un regard larmoyant façon Chat Potté de Shrek, il te croit à peu près autant que moi si tu me dis que tu es le prince Actarus. Des comme toi, il en a vu au moins MILLE (soyons clairs, si tu es une fille, le décolleté est obligatoire -pas parce que c’est utile, parce que ça fait plaisir-). Donc, de deux choses l’une :
-Soit tu prouves ce que tu affirmes, i.e. en produisant le corps de feu (au sens « clamsé, macchab’ » et pas « Faya ! Shake dat ting, Sean Da Paul yeh yeh », ne confond pas.) l’être cher, l’air digne ; ou en te pointant avec une urne funéraire dont tu renverseras les cendres sur le prof/patron en expliquant que tu ne pouvais décemment pas refuser sa dernière volonté au défunt, tranquillement.
-Soit tu surjoues, avec brio et sans limites, tel Murat, le héros du Turkish Star Wars. Donne lui de la rivière de larmes type Yang-tseu-kiang (si t’es chaud, pense Pont de la rivière Kwai, le niveau deux), crie en langues mortes (la tendance de cet automne est a l’araméen), raye le tableau de tes ongles et dents sous l’emprise de la douleur atroce qui te ronge (efficacité garantie), vend lui de l’émotion, du tragique par paquets de douze. Un léger doute subsistera peut être, mais ton interlocuteur aura complètement oublié l’objet de sa demande, et tu seras donc sauvé (sauf si t’es un émokid, parce que là tu vas direct en enfer).
En changeant ton excuse de base, tu pourras changer ton registre de jeu, et devenir un champion au Taboo. D’ailleurs, le Mime Marceau a fait ses classes comme ça. Le mois prochain, tu pourras t’extasier devant la partie deux des Esquives de Daron : Escape or Die. D’ici la, révise tes classiques. Exemple :
Cet article n’a pas été publié à temps parce que j’avais autre chose à foutre.